Les rebelles du M23 prennent le contrôle de Goma
GOMA, République Démocratique du Congo – La ville de Goma est tombée aux mains des rebelles du M23, plongeant la région du Nord-Kivu dans une crise majeure. Dimanche matin, ces forces insurgées ont lancé une attaque massive qui a forcé les Forces Armées de la RDC (FARDC) à battre en retraite. Cette prise stratégique, qui isole encore davantage la province, se déroule sous les yeux d’une communauté internationale silencieuse.
Une avancée rapide et une prise de pouvoir inquiétante
L’offensive s’est amorcée à l’aube dans le quartier Majengo. Après avoir sécurisé la ville de Sake, un point stratégique situé à 25 kilomètres à l’ouest, les rebelles ont encerclé Goma. Face à la supériorité tactique du M23, les forces gouvernementales ont abandonné la ville, laissant derrière elles un vide sécuritaire.
Un témoin raconte :
« Les combats ont duré quelques heures seulement. L’armée n’a pas tenu longtemps et les rebelles ont pris le contrôle des principaux quartiers avant midi. »
Crise humanitaire et exode de la population
Avec Goma prise par les rebelles M23, la situation humanitaire s’aggrave rapidement. Des milliers d’habitants tentent de fuir vers le Rwanda voisin, mais des restrictions à la frontière compliquent leur passage. D’autres s’éloignent vers Bukavu, alors que certains se retrouvent piégés en ville, sans issue sécurisée.
« Il n’y a plus d’eau ni d’électricité, et les prix des denrées alimentaires explosent », explique un responsable d’ONG locale.
Les hôpitaux sont débordés, les pillages se multiplient et une évasion massive a été signalée à la prison centrale de Munzenze.
Un silence troublant de la communauté internationale
Malgré la prise de Goma par les rebelles M23, les grandes puissances mondiales restent passives. L’ONU a bien émis un appel au retrait des insurgés, mais aucune action concrète n’a été entreprise.
La France, par la voix du président Emmanuel Macron, a exhorté au retrait du M23 et des forces rwandaises qui les soutiendraient. Toutefois, cette déclaration reste sans effet, et la situation continue de se détériorer.
Un conflit aux répercussions régionales
Cette crise s’inscrit dans un contexte plus large de tensions entre la RDC et le Rwanda. Kinshasa accuse Kigali de financer et d’armer le M23, tandis que le gouvernement rwandais rejette ces allégations.
La dernière occupation de Goma par le M23, en 2012, s’était terminée par une intervention internationale et un accord de paix fragile. Cette nouvelle offensive risque de raviver les tensions et d’embraser toute la région des Grands Lacs.
Que va-t-il se passer maintenant ?
Alors que Goma reste sous contrôle du M23, l’armée congolaise annonce une contre-offensive imminente. Cependant, face à des moyens limités, la reprise de la ville semble difficile sans un soutien extérieur.
Le silence international laisse présager une occupation prolongée, avec des conséquences désastreuses pour les habitants.
Sources externes :
- Rapport de l’ONU sur la crise au Nord-Kivu
- Analyse du rôle du Rwanda dans le conflit par Human Rights Watch
- Situation humanitaire en RDC – Médecins Sans Frontières

Ingénieur (Ir.) et développeur full stack, Roland MANTAMA articule technologie et droits humains. Il conçoit des applications web, renforce la sécurité numérique des organisations et écrit pour vulgariser la culture digitale. Entre code, pédagogie et plaidoyer, son travail vise un numérique responsable et utile à la société. Il est CEO de Usiano Afrika.


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